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Les obligations à taux fixe

Les obligations sont des titres de créances : une obligation peut donc être vue comme une reconnaissance de dette.

En émettant des obligations, l'émetteur (l'emprunteur) s'est engagé à verser des intérêts périodiques (les “coupons”) puis à rembourser le capital emprunté à l'échéance convenue.

Les obligations sont “au porteur” : c'est la personne qui possède l'obligation au moment du paiement qui perçoit l'intérêt ou le capital. Ce n'est pas forcément le même investisseur que celui qui a acheté l'obligation initialement, car les obligations s'échangent sur le marché.

Les obligations à taux fixe sont les obligations les plus courantes.

Dans l’immense majorité des cas, les obligations à taux fixe sont au format le plus simple qui existe (vanille) :

  • elles ont une date d’échéance (elles ne sont pas perpétuelles)
  • elles sont remboursées en cash (pas convertibles) dans la même devise que l’émission.
  • elles sont remboursées in fine : tout le capital est remboursé au terme, contrairement aux crédits amortissables qui sont la norme dans les prêts bancaires

Bien évidemment,si l’émetteur disparaît ou n’est pas en mesure d’honorer ses paiements, le paiement des coupons et du capital peuvent être remis en question. Acheter une obligation fait courir un risque de crédit à l'investisseur.

Une obligation se caractérise par :

  • son émetteur : c'est lui qui a touché l'argent à l'origine, qui payera les coupons et qui remboursera le capital à terme
  • le taux du coupon, en général versé annuellement en Europe, semestriellement aux Etats-Unis, mais toujours exprimé en base annuelle.
  • le nominal (la valeur d’ “une seule” obligation)
  • la date de remboursement
  • le montant de remboursement (par défaut, au pair mais il y a parfois des primes de remboursement).

Par exemple, une obligation 4 % d’échéance 12 juin 2030 et de nominal 1000 euros paiera les flux suivants :

* 40 euros le 12 juin de chaque année, y compris la dernière année * 1000 euros le 12 juin 2030

Vous pouvez acheter l’obligation le jour de son émission ou sur le marché secondaire.

Le jour de l’émission, le prix est en général proche du pair. Sur le marché secondaire, il dépend de l’offre et de la demande.

Comme pour toutes les obligations, tout ce qu’il faut savoir est dans la documentation de l’obligation, contrat qui lie juridiquement l’émetteur et l’investisseur.

Vous y trouverez par exemple la périodicité des intérêts, la formule de calcul des intérêts courus, les éventuelles garanties de l'obligation (par la maison-mère de l'émetteur par exemple) ou les clauses de seniorité (si l'entreprise ne peut pas rembourser, quel rang a l'obligation dans l'ordre de priorité des créanciers ?)

En tant qu'investisseur particulier, avant de rentrer dans les détails vous devez vérifier : * sur quel marché cote l'obligation * si vos courtiers vous donnent accès à ce marché * si le nominal n'est pas rédhibitoire (à moins d'être très fortuné, impossible de diversifier correctement avec des souches de 100 000 euros)

Implicitement, lorsque l’on parle d’obligations on parle d’obligations à taux fixe. En anglais, le terme fixed income tend même à désigner le marché obligataire dans son ensemble !

Les obligations à taux fixe sont l’objet de tous les calculs financiers (duration, taux actuariel…), et ce sont à elles que l’on pense lorsqu’on parle de dictons tels que « Les obligations baissent lorsque les taux montent ». D'ailleurs, ce sont elles les plus sensibles aux variations de taux d’intérêt, et elles le sont d’autant plus que leur coupon est faible.

Il existe des obligations zéro coupon : on peut les considérer comme un sous-ensemble des obligations à taux fixe car elles se comportent exactement comme des obligations à taux très faible. Leur format simple les rend très utiles dans les calculs actuariels.

Il peut sembler contradictoire de présenter l’obligation à taux fixe comme le standard alors que les émetteurs et les investisseurs pilotent sans cesse leur exposition à taux fixe ou taux variable selon leurs anticipations ou d’autres contraintes.

En pratique, les choix entre taux fixe et taux variable se font rarement au niveau de la sélection d’obligations mais après l’achat grâce à des produits dérivés.

Ainsi, les émetteurs, publics comme privés, se financent à taux fixe, puis utilisent éventuellement des produits dérivés pour gérer leur dette en taux fixe ou variable selon leurs besoins ou anticipations. Il serait peu pratique de racheter la dette à taux fixe et d'émettre de la dette à taux variable lorsque l'on souhaite changer de stratégie.

De même, la majorité des investisseurs achète à taux fixe, et pilotent leur exposition taux fixe/taux variable sur le marché des dérivés.

Il n’y a que pour un investisseur particulier que la distinction a une importance. Le particulier doit composer avec ce qu'il trouve sur le marché !

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  • Dernière modification: 2020/01/25 18:36
  • par Robin des Bonds